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Depuis longtemps le lointain m’aspire.
Le lointain mais aussi, le plus proche, le tout près.
Changer de vallée, passer un col, grignoter de l’espace à petite vitesse, goûter des lieux poussiéreux ou glacés, ces lieux décharnés qui font fuir les voyageurs.
J’écume des terres usées où l’exotisme est saccagé par une réalité crue et bestiale, la vie, tout simplement, quand elle est dure.
Dans cette complexité des terres et des êtres, dans ces climats capricieux, dans cette somme nerveuse de beautés et d’horreurs, j’ai toujours cherché des mots pour accueillir mes émotions.
Voyageant avec ma compagne photographe, j’ai enfin décidé d’emmener moi aussi un appareil et au cours de nos trois derniers voyages je me suis accoquiné avec l’image, à la recherche, peut être, de plus de silence.